Etape 5. Créer le site
Une fois le cadre général du projet défini, les
financements éventuellement trouvés et les partenariats
conclus, il s'agit de passer à la réalisation technique
du site.
Selon les cas, les compétences pourront être trouvées
au sein de l'administration ou devront être sous-traitées
auprès de sociétés spécialisées dans
la création de sites Internet (sous-étape
5.1.) Dans tous les cas, il semble pertinent de rédiger un
cahier de charges, base du contrat passé avec le sous-traitant
(sous-étape 5.2.).
Sous-étape 5.1. Trouver un fournisseur technique
capable de réaliser le site
Quand elles désirent créer un site Internet, les communes
ne savent pas toujours à qui s'adresser. Il ne semble pas y avoir
de répertoire central des Webdesigners ou Webbuilders. Pour les
trouver, deux solutions principales sont possibles :
- aller sur un moteur de recherche belge (Webwatch,
ad valvas, belcast,
etc.) et faire une recherche sur le terme "Webdesigner", "Webbuilder"
ou "création de sites" et aller ensuite voir le site
des entreprises reprises qui présente souvent leurs références
en la matière;
- aller voir le site d'autres communes et demander éventuellement
les coordonnées de la société ou de la personne
qui l'a réalisé.
Faute de connaissance technique suffisante, les communes sont souvent
un peu dépourvues lors des discussions avec ces firmes, surtout
quand ces dernières utilisent un jargon parfois incompréhensible
pour les non initiés. Soulignons qu'il n'y a pas de honte à
admettre que l'on n'est pas un expert informatique et que le langage technique
utilisé (Java, version Flash, browser, nom de domaine, espace disque,
serveur, Netscape/Explorer, firewall, backup, etc.) est difficilement
compréhensible. Il incombe au partenaire technique de se mettre
à la hauteur de son client et non l'inverse. Tout bon informaticien
doit être capable de comprendre et d'analyser les besoins de son
client et de lui apporter une réponse adéquate.
Sous-étape 5.2. Rédiger
un cahier de charges
Pour que les contacts avec le sous-traitant se déroulent le mieux
possible, il faut, dans le respect de la réglementation sur les
marchés publics, rédiger un cahier de charges précisant
exactement ce que le partenaire technique devra réaliser, l'envoyer
ensuite à différentes sociétés ou particuliers
susceptibles de réaliser le site, évaluer les réponses
reçues en fonction du cahier de charges et baser le contrat qui
sera conclu sur la réalisation précise de ce cahier.
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Encadré 9. Cahier de charges techniques
Le Gouvernement wallon a fait rédiger un cahier de charges
technique qui précise la question de la conception du site
et de son hébergement.
Au niveau de la conception, le cahier de charges souligne l'importance
:
- de la compatibilité inter-plateformes (à savoir
l'idée que le site doit être consulté par
différentes machines utilisant différents logiciels)
;
- de l'adaptabilité du site à la capacité
de bande passante des utilisateurs ;
- de l'interactivité du site, notamment par l'accès
à des formulaires en ligne et la présence d'un moteur
de recherche. Il insiste également sur l'aspect de la sécurité
du site et, notamment, sur la protection du contenu des messages
électroniques échangés.
Il précise aussi l'importance du multilinguisme, d'une représentation
permettant une mise à jour aisée des données,
de même que la nécessité de proposer au client
diverses options de navigation. Enfin, il demande une sauvegarde
du site sur CD-ROM.
Au niveau de l'hébergement du site, le cahier de charges
comprend :
- l'offre d'une bande passante suffisante;
- une disponibilité du site 24h/24 ;
- l'enregistrement du nom de domaine (c'est-à-dire l'adresse
du site www.macommune.be) qui doit être officiellement demandée
auprès des instances compétentes;
- l'offre d'un espace disque suffisant;
- des outils de mise à jour;
- une connexion à des bases de données;
- l'indexation dans des moteurs de recherche;
- un volet sécurité du site assez développé
(pare-feu (firewall), protection de zones par un mot de passe,
sauvegarde des données);
- la consultation de statistiques relatives à l'utilisation
du site;
- l'offre de plusieurs adresses de courrier électronique
et des messages de réponse automatique.
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Le plus simple pour les communes peu initiées est de ne passer
un marché avec une société que dans la mesure où
celle-ci s'engage contractuellement à respecter l'intégralité
des clauses techniques et d'assumer à ses frais les inconvénients
qui pourraient résulter d'un non respect de ces clauses. Outre
les spécifications techniques (voir encadré 9), le cahier
de charges devrait comprendre :
- la description du contenu du site (voir étape
7), basée dans certains cas sur la description du contenu
minimal d'un site communal orienté vers le citoyen proposée
par le Gouvernement wallon;
- les contingences de la vie du site par rapport à l'évolution
de la technologie (voir encadré 10). Dans ce domaine, il
est nécessaire de trouver un compromis entre la vitesse de développement
de la technologie et l'apparition de nouvelles techniques (Java, Flash,
etc.) et la nécessaire stabilité du site communal de même
que son utilisation par tout public, c'est-à-dire pas seulement
par un public équipé du dernier cri informatique. Idéalement,
les modifications du site liées à l'évolution de
la technologie doivent être transparentes pour les utilisateurs,
c'est-à-dire qu'ils ne doivent pas (trop) s'en rendre compte.
Il est intéressant de voir ce que le fournisseur potentiel propose
en la matière. Face à cette évolution, différentes
solutions sont en effet possibles:
- dans tous les cas, toujours proposer une version simple du site
(parfois même une version texte, sans image ni logo) et une
version plus avancée. Indiquer clairement cette possibilité
dès l'ouverture de la page de garde;
- si certaines applications sont nécessaires pour optimiser
l'utilisation du site, donner tous les renseignements nécessaires
sous forme d'aide technique rédigée dans un langage
compréhensible par tous;
- si la structure est fortement modifiée d'une version à
l'autre, expliquer la nouvelle structure et préciser l'endroit
où les anciennes informations sont reprises.
- une description très précise de la procédure
de maintenance et de mise à jour :
- comme précisé dans le cahier des charges minimum
imposé par le Gouvernement wallon, la commune pourra-t-elle
directement effectuer la mise à jour du site ?
- pourra-t-elle rajouter des rubriques ?
- devra-t-elle dépendre du partenaire technique ?
- dans ce cas, à quelle fréquence s'effectuera la
mise à jour (quotidienne, hebdomadaire, etc.) ?
- la mise à jour sera-t-elle comprise dans le prix global
du marché ou sera-t-elle facturée en sus et régulièrement
?
- une demande de références. C'est en effet souvent
en constatant de visu le travail réalisé par une firme
ou un particulier, en allant tester les sites, en demandant éventuellement
l'avis des personnes pour lesquelles ces sites ont été
réalisés, que l'on se fait la meilleure idée de
la compétence du fournisseur potentiel. C'est également
par rapport à ces sites que l'on peut préciser ce que
l'on souhaite et ce que l'on ne souhaite pas ;
- la procédure de réception du travail effectué,
c'est-à-dire notamment le test du site. Une fois le site
terminé et avant paiement de celui-ci, il est en effet utile
de tester soi-même le site et de le faire tester par d'autres,
utilisateurs avertis ou non du réseau, fonctionnaires de l'administration
et utilisateurs externes. Le partenaire l'aura sans doute déjà
testé mais il connaît bien son site puisqu'il l'a développé.
Il faut parfois du recul pour voir si tout fonctionne ou non. Tester
le site signifie y accéder par différentes machines, avec
différentes connexions à Internet (depuis le domicile
avec un modem et une ligne téléphonique, depuis un endroit
disposant d'une bande passante importante comme une université,
etc.), effectuer quelques tâches de base (rechercher une information
précise, remplir un formulaire, etc.) et, idéalement,
tester toutes les pages et tous les liens pour être sûr
que tout fonctionne ;
- le montant total demandé par le fournisseur pour couvrir
tous ces aspects. Il est tout à fait possible de négocier
un forfait comprenant les éléments cités ci-dessus
(enregistrement du nom de domaine, réalisation proprement dite
du site, hébergement de celui-ci, mise à disposition d'adresses
électroniques, référencement du site dans des sites
portails ou des moteurs de recherche, statistiques d'utilisation du
site, mises à jour, etc.). Il faut être attentif à
inclure tous ces aspects dans le contrat et à clairement identifier
leur montant de manière à ne pas être surpris en
cours de route.
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Encadré 10. L'évolution de la technologie
En informatique et dans le monde d'Internet, les choses changent
extrêmement vite. De nouvelles versions des mêmes logiciels
apparaissent presque chaque année, les équipements
sont sans cesse améliorés et une machine vieille de
trois ans fait figure d'ancêtre.
Un utilisateur de telle machine n'est parfois pas capable d'ouvrir
un fichier envoyé avec une application et une machine récentes.
Ce rythme de développement, cette sorte de tourbillon technologique,
sont très éloignés du rythme habituel de fonctionnement
des administrations, notamment dans les procédures d'achat
et d'amortissement d'équipement.
Plus concrètement, par rapport aux sites communaux, il est
nécessaire de maintenir une certaine stabilité dans
la structure et le contenu. Un site communal n'est pas un site vitrine
d'une société informatique moderne qui doit montrer
qu'elle est à jour au niveau technique.
Vu le niveau moyen de familiarisation à Internet des citoyens
wallons, on ne peut pas leur demander de s'adapter à chaque
visite de leur site communal à des changements importants
de structure. On ne peut pas chaque fois changer leurs points de
référence. Il n'est cependant pas interdit de s'adapter
à la technologie ou d'améliorer le site si cela s'avère
nécessaire.
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Parce qu'un site communal utilise Internet, à savoir une technologie
de l'information et de la communication, on a souvent tendance à
croire que l'aspect technologique est capital dans ce type de projet.
Ce n'est pas exactement le cas. Bien sûr, les choix technologiques
posés sont importants car ils conditionneront souvent l'usage réel
qui sera fait du site. Concrètement, si le site est mal structuré,
peu convivial, si les liens hypertextes ne fonctionnent pas, l'utilisateur
se lassera vite du site et ce dernier sera peu utilisé. D'où
l'importance de réfléchir, au préalable, à
la structure du site et à la gestion de celui-ci. Si le projet
est bien pensé dès le départ, l'aspect technique
consiste à mettre le plus intelligemment possible tous ces éléments
ensemble.
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Encadré 11. Digital Metropolis Antwerp
: changements fréquents dans l'interface
En cinq ans d'existence, le site virtuel de la ville d'Anvers
(www.dma.be)
a connu quatre versions différentes. Certaines n'ont modifié
que de manière minime la structure du site mais, parfois,
celle-ci a été complètement changée.
Dans la troisième version par exemple, le site utilisait
la métaphore de la ville en proposant une structure par quartiers
thématiques (culture, médias, jeunes, administration,
économie, etc.). Dans chacun de ces quartiers, on trouvait
une structure semblable : les services administratifs compétents
étaient représentés mais les citoyens avaient
également la possibilité de proposer leurs propres
informations en rapport avec le thème des quartiers, via
des pages Web, des petites annonces et un journal en ligne. Il y
avait même un animateur de quartier. Cette présentation
en quartier et l'intégration au sein de chaque quartier entre
les autorités communales compétentes et les citoyens,
symbolisée par un pont, correspondaient à un réel
souhait des concepteurs du site de simplifier et d'améliorer
l'échange d'information et la communication entre ces différents
acteurs.
Dans la quatrième version, l'idée de quartiers de
même que le symbole du pont ont complètement disparu
pour laisser la place à une présentation plus classique
mais moins intégratrice et moins originale que la structure
précédente.
Source : Pierson Jo (2000), " DMA ou la
ville digitale d'Anvers ", in van Bastelaer Béatrice,
Henin Laurent et Lobet-Maris Claire, Villes virtuelles. Entre Communauté
et Cité. Analyse de cas, à paraître chez L'Harmattan,
Paris, juin 2000.
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Résumé
de l'étape 5. Créer le site
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Sous-étape 5.1. Trouver un fournisseur technique capable
de réaliser le site
Pour trouver un fournisseur technique capable de réaliser
le site, il faut :
- évaluer les compétences techniques internes et
la nécessité de recourir à un sous-traitant
;
- demander au fournisseur technique d'utiliser un vocabulaire
compréhensible pour un non-initié.
Sous-étape 5.2. Rédiger un cahier de charges
Le choix d'un opérateur technique doit s'effectuer dans
le respect de la réglementation sur les marchés publics
et impose :
- la rédaction d'un cahier spécial de charges précis
;
- l'envoi de cahiers de charges à plusieurs sociétés
;
- la comparaison des offres en fonction des critères d'attribution
;
- l'évaluation, avant le paiement, du respect du cahier
spécial des charges.
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Etape précédente
- Etape suivante
Si, en tant que commune, vous voulez envoyer des commentaires
aux auteurs du vade-mecum ou faire part de votre expérience, vous
pouvez contacter Béatrice
van Bastelaer.
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