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Etape 1. Prendre connaissance du contexte de développement

Dans cette première étape, il s'agit surtout de prendre connaissance du contexte spécifique à chaque commune, c'est-à-dire de ses opportunités et de ses contraintes (sous-étape 1.1.) mais aussi de s'informer sur des projets similaires menés ailleurs en Belgique ou à l'étranger et partiellement transposables au projet de la commune (sous-étape 1.2.).

L'analyse du contexte spécifique de chaque commune permettra d'évaluer les forces et faiblesses afin de potentialiser les premières à bon escient et de remédier aux secondes.

Sous-étape 1.1. Evaluer les opportunités et les contraintes propres à la commune 

Une commune n'est pas l'autre, un certain nombre de caractéristiques distinguent chacune de sa voisine. Ces caractéristiques jouent un rôle important dans le développement des sites communaux d'information souhaités par le Gouvernement wallon.

Au départ d'un même contenu minimal pour toutes les communes wallonnes, il est normal et souhaitable que le résultat diffère d'une commune à l'autre. L'objectif n'est en effet pas de parvenir à une standardisation des sites communaux wallons mais, au contraire, de conserver, malgré des exigences minimales, toute la diversité de nos communes. La Wallonie est forte par chacune de ses composantes et en particulier par chacune de ses communes.

Différents aspects interviennent dans cette différenciation : les aspects socio-économiques, organisationnels et humains, socio-politiques, informationnels et géographiques. Ces éléments apparaîtront parfois comme des opportunités et parfois comme des contraintes.

1.1.1. Les aspects socio-économiques

Toutes les communes wallonnes ne disposent pas des mêmes ressources financières. Certaines communes, situées dans des régions défavorisées, estimeront sans doute que la mise sur pied d'un site communal d'information n'est pas une priorité dans une région où les niveaux de revenu, de formation ou d'éducation sont faibles et où le chômage est élevé.

Même si Internet peut parfois contribuer à augmenter le fossé entre instruits et non instruits, particulièrement quand aucune politique d'accompagnement, d'accès ou de formation à la technologie n'est envisagée, ce réseau des réseaux peut aussi contribuer à vaincre l'exclusion sociale grâce à la mise en œuvre d'actions volontaristes : formation dans des espaces citoyens, accès à la société de la connaissance, consultation des offres d'emploi, anonymat des communications, technologie attractive pour les jeunes, etc.

Ces communes trouveront dans ce vade-mecum l'opportunité d'enrichir leur site pour en faire un instrument actif de politique sociale et économique qui doit cependant obligatoirement s'accompagner de politiques de mise à disposition du matériel et de formation aux technologies en ce compris à Internet.

Encadré 1. Le multimédia au service de l'intégration sociale : l'exemple du CPAS de Tournai

Dans le cadre du Fonds Belgacom pour le dialogue entre citoyens et autorités locales (voir encadré 3), le CPAS de Tournai a obtenu en octobre 1999 un soutien de 500.000 francs pour un projet visant à donner l'occasion aux 900 bénéficiaires du minimex dans l'entité du grand Tournai de recevoir une formation et un accès aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Cette formation et cet accès devraient entre autre leur permettre de rechercher plus facilement un emploi ainsi que de rédiger et de diffuser leur curriculum vitae.

Un encadrement adéquat sera proposé pour les aider à surmonter leurs craintes initiales. Des réunions régulières d'évaluation seront organisées pour adapter le projet en conséquence des attentes des bénéficiaires et des progrès accomplis.

Centre Public d'Aide Sociale de Tournai - Boulevard Lalaing, 41 - 7500 - Tournai
Tél. 069 33 11 11 - Fax. 069 33 14 59

1.1.2. Les aspects organisationnels et humains

Dans ce type de projet comme dans de nombreux autres, les aspects organisationnels et humains sont capitaux.

Au niveau organisationnel, la principale question est de savoir si la structure actuelle de l'administration est capable de soutenir les différents aspects du site, à savoir l'information, les transactions et la communication, ou si une certaine réorganisation sera nécessaire, avec les réticences habituelles que ce type de projet engendre. Au besoin, le fonctionnement interne de l'administration devra être adapté.

Au niveau humain, il s'agit d'évaluer si le milieu est porteur, comment il réagit au changement technologique, s'il est prêt à mettre en oeuvre une autre vision du service public, plus rapide et peut-être plus efficace, orientée vers des "clients" qui ont un certain nombre de droits et plus seulement vers des citoyens qui n'ont que des obligations. Ce nécessaire changement de mentalité sera vraisemblablement un des principaux problèmes engendrés par le projet.

1.1.3. Les aspects socio-politiques

La définition du contenu minimal pour un site communal d'information orienté vers le citoyen, tel que proposé par le Gouvernement wallon, laisse une place importante aux informations relatives à la vie politique de la commune.

Le site doit être l'occasion de diffuser des informations de nature publique qui intéressent le citoyen et lui permettent de participer davantage à la vie politique locale. Il contribuera au renforcement de la transparence du fonctionnement politique. Tout dépendra cependant de la manière dont les communes et les élus locaux décideront d'utiliser cet outil de transparence potentielle mais aussi de la place qu'ils laisseront aux citoyens et aux associations diverses dans ce processus de transparence et de démocratie.

Encadré 2. Internet est-il un moyen d'améliorer la démocratie locale ?

Il est important de garder à l'esprit que si le citoyen est mieux informé des actions menées par les responsables communaux ainsi que de la composition, des missions et des actions du collège des bourgmestre et échevins ou du conseil communal, il ne sera pas nécessairement incité à participer à l'administration de la chose publique.

En effet, l'une des principales raisons du déficit démocratique actuel est liée au fait que les citoyens doutent de la capacité de leurs dirigeants et représentants à répondre à ces problèmes ; dans ce contexte, de simples technologies pourront difficilement redonner confiance au citoyen et lui rendre l'envie de communiquer ou de dialoguer avec les hommes politiques, même au niveau local.

Le défi posé à ces derniers est donc de taille : ils ne pourront se permettre d'utiliser les technologies de l'information et de la communication comme un gadget, sans réel engagement de leur part à s'impliquer entièrement dans un processus de communication interactif avec des citoyens et des électeurs de plus en plus exigeants.

1.1.4. Les aspects informationnels

Dans quelques communes, une certaine culture des médias existe déjà : édition d'un journal communal, utilisation de la télévision communautaire locale, brochure sur les services de la commune, etc.

Parfois aussi, un véritable service d'information et de communication a été mis sur pied. L'existence de cette culture de la communication, c'est-à-dire le souhait de tenir le citoyen informé de ce qui se passe dans sa commune, est certainement importante par rapport au développement d'un site communal d'information mais elle ne garantit pas à elle seule la réussite de celui-ci.

La culture Internet quant à elle, c'est-à-dire la prise en compte des potentialités de ce média en matière d'information, de communication interactive et de transaction, n'est pas encore suffisamment développée en Région wallonne. Un travail de sensibilisation des responsables locaux et de la population sera sans doute nécessaire.

1.1.5. Les aspects géographiques

Le contexte géographique des communes, et en particulier l'étendue et la structure du territoire de la commune d'une part et la situation générale de la commune (communes, régions et pays voisins) d'autre part, orientera aussi le développement du projet. Par exemple, malgré le fait que le site soit principalement orienté vers les citoyens, la proximité de la Région flamande, des Pays-Bas, du Luxembourg ou de l'Allemagne, l'appartenance à la Communauté germanophone ou encore le caractère touristique de la commune nécessiteront sans doute de présenter certaines informations dans une langue autre que le français qui sera cependant la langue de base du site.

Sous-étape 1.2. S'inspirer d'expériences développées ailleurs 

On apprend habituellement beaucoup en regardant et en "imitant" ce qui se fait ailleurs. C'est souvent cela qui donne envie d'avancer; les villes et communes n'échappent pas à cette tentation. Certaines communes wallonnes comme Seneffe, Sombreffe, Chaudfontaine, Geer ainsi que certaines villes comme Dinant, Mons, Namur, Marche sont déjà bien avancées pour ce qui concerne leur site communal d'information. La liste n'est bien sûr pas exhaustive et d'autres communes ont aussi développé des sites intéressants. Toutes ces communes pourraient être prises comme exemple pour certains aspects de leur site. D'autres exemples peuvent aussi être choisis à l'étranger, notamment en France. On pense ici à la ville de Parthenay (www.district-parthenay.fr) ou à Issy-les-Moulineaux (www.issy.com). En Italie, l'exemple de Bologne (www.comune.bologna.it) est souvent cité.

Si ces projets sont très intéressants, il n'est pas toujours possible, ni souhaitable, de les appliquer tels quels dans une autre commune wallonne, de transférer les leçons d'expériences réalisées ailleurs, même au sein de la même région. Il y a toujours quelque chose de différent qui rend ce processus incertain. Toutefois, toute expérience réussie ailleurs peut être riche d'enseignements pour mener à bien une nouvelle réalisation, à condition de s'attacher à l'essentiel et de se limiter strictement à ce qui est transposable, c'est à dire une méthodologie plutôt qu'un résultat. C'est un peu la démarche qui prévaut dans ce vade-mecum.

Dans l'analyse de projets développés dans d'autres villes ou communes, il importe de bien évaluer le contexte de développement de ces projets et de le comparer avec le contexte de la commune concernée. Des différences flagrantes entre les deux auront parfois raison de la réussite du "transfert".

Encadré 3. Centres d'accès communautaire du Nouveau Brunswick-
Le parfait lancement

Les centres d'accès communautaires du Nouveau Brunswick sont des lieux d'accès à Internet et de formation aux technologies de pointe situés dans des écoles, des bibliothèques et dans des centres communautaires à travers la province canadienne Nouveau Brunswick.

Pour encadrer le développement de ces centres d'accès communautaires par les habitants eux-mêmes, le site du projet Connect NB Branché (cnet.unb.ca/connectnb) propose un certain nombre d'informations utiles dont un sondage sur le développement communautaire. Ce sondage vise à évaluer la possibilité pour la communauté d'établir de manière durable un centre d'accès communautaire. Ce sondage reprend quatre séries de questions (techniques, sociales, organisationnelles et économiques) à se poser pour déterminer si la communauté concernée présente un certain nombre de facteurs critiques de succès.

La présentation du sondage et les quatre séries de questions sont reprises dans l'annexe 1.

Résumé de l'étape 1. Prendre connaissance du contexte de développement

Sous-étape 1.1. Evaluer les opportunités et les contraintes propres à la commune

En raison d'opportunités et de contraintes propres à la commune , il convient :

  • d'évaluer l'existant en termes socio-économiques, organisationnels, humains, socio-politiques, informationnels et géographiques ;
  • d'identifier dans les différents aspects du contexte ce qui peut être perçu comme une opportunité (à saisir) et ce qui doit être considéré comme une contrainte (à prendre en compte).

Sous-étape 1.2. S'inspirer d'expériences développées ailleurs

S'inspirer d'expériences menées ailleurs en analysant le contexte particulier de ces expériences de manière à clairement identifier ce qui peut être retenu et transposé.

Etape suivante

Si, en tant que commune, vous voulez envoyer des commentaires aux auteurs du vade-mecum ou faire part de votre expérience, vous pouvez contacter Béatrice van Bastelaer.


Mail Pour tout problème technique  Mis en ligne le 9 juin 2000