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La CITA >1ère Rencontre Réelle ... > Exposé de Claire Lobet-Maris CITA-FUNDP Namur - 16 juin 1998 Claire LOBET-MARIS L'idée d'organiser une rencontre réelle de villes virtuelles est un projet de longue date. Elle est née il y a deux ans déjà, grâce à l'initiative de mes étudiants de troisème cycle (DGTIC) qui, dans le cadre d'un cours sur la société de l'information, avaient invité quatre villes, à savoir Anvers, Charleroi, Namur et Braine-l'Alleud à venir partager leurs réalisations et leurs expériences. Ce fut un moment très intéressant tant pour les étudiants que pour les villes qui avaient accepté de jouer le jeu, chacun ayant mis en avant l'importance de partager et d'échanger sur ces expériences encore très incertaines et, pour la plupart, en contruction et de raisonner ensemble sur les objectifs poursuivis, les moyens développés et les résultats atteints. En deux ans, la situation a bien changé. A l'époque, les étudiants avaient eu bien du mal à trouver quatre villes ayant développé "quelque chose" sur Internet. Aujourd'hui, selon l'enquête Paradygm, on dénombre plus de 193 communes sur les 589 que compte notre pays présentes sur le Web, tantôt à l'initiative de l'administration communale, tantôt à travers l'initiative de commercçants ou encore, à l'initiative de citoyens ou d'associations. Ce chiffre est éloquent, car rares sont les secteurs qui, dans le cadre de ce qu'il est convenu d'appeler la société de l'information, ont connu une telle expansion. Et sans doute faut-il voir dans cette montée en puissance des villes et communes dans la société de l'information l'importance que prend aujourd'hui le milieu local comme cadre de référence de nos actions et de notre pouvoir dans un monde qui ne cesse de se globaliser et de s'internationaliser. Ce nombre important d'initiatives locales que l'on baptise généralement de villes virtuelles recouvre cependant des réalités très diverses. Ainsi, si certaines villes sont clairement le fait des autorités communales, d'autres, par contre, ont été développées par des associations locales, qu'elles soient marchandes ou non. Certaines des villes développées sont un peu comme des kiosques d'information: on y trouve des informations touristiques, commerciales ou encore administratives. Dans d'autres villes, la démarche va plus loin en offrant au citoyen des services en ligne qui lui permettent de faire à distance toute une série de démarches au prix souvent d'une importante réforme de l'administration. Enfin, certaines villes sont de véritables ruches d'information où cela bouge tout le temps, l'information étant constamment actualisée au fil des évènements tandis que d'autres, un peu comme Venise, s'affirment progressivement comme des villes mortes où l'information reste immuablement la même, la dernière date d'actualisation de l'information étant aussi celle de l'ouverture du site. Face à cette diversité de pratiques, qui n'est d'ailleurs que le reflet de la diversité des contextes locaux qui portent ces initiatives, il nous est apparu intéressant de nous réunir pour prendre un peu la mesure de ce qui est en train de se mettre en place et de l'interroger à travers trois questions relativement simples et sur lesquelles devraient se focaliser nos discussions. Les villes virtuelles, pourquoi?A travers cette question, c'est
celle de la raison d'être de ces initiatives qui est posée
et surtout de leur valeur ajoutée, dans le lien qui unit aujourd'hui
le citoyen à son lieu de vie. Il s'agit, en d'autres termes,
de dépasser à travers cette journée, les discours
habituels que nous entendons sur les villes virtuelles en termes de
citoyenneté nouvelle pour jeter un regard constructif mais aussi
critique sur les raisons qui, à long terme, pourront soutenir
et justifier les efforts et les investissements consentis.
Les villes virtuelles, pour qui?Cette deuxième question
nous apparaît fondamentale à l'heure où l'on estime
que, 2 à 4%, selon qu'on est pessimiste ou optimiste, des foyers
belges jouissent d'une connexion à Internet. Ce chiffre oblige
à se questionner sur le public visé aujourd'hui et à
terme par ces initiatives. S'adressent-elles à une franche extrêmement
réduite d'élites branchées ou visent-elles un public
plus large? Mais si tel est le cas, quelles sont les politiques d'accès
mises en place dans les communes pour permettre au plus grand nombre
d'accéder à ces informations? La question des utilisateurs
de ces initiatives est une question importante et pourtant souvent négligée
dans les développements en cours par une espèce de raccourci
qui consiste à croire ou à faire croire qu'il suffit de
créer l'offre pour que la demande suive ...
Enfin, dernière question, les villes virtuelles, comment?On le sait, beaucoup d'initiatives
locales ne survivent pas à l'enthousiasme de leurs créateurs...
Après quelques semaines, voire quelques mois, le site meurt progressivement,
faute d'être actualisé. Dans ce domaine, comme dans d'autres,
l'information doit être vivante, sans cesse actualisée
et renouvelée, sans quoi il ne s'agit plus d'information mais
d'archive, voire de musée. Rendre vivante une information, cela
veut dire créer une arrière-boutique du site, mettre en
place derrière l'écran que vous consultez, toute une structure
vivante faite d'hommes et de femmes qui suivent vos besoins et répondent
à vos demandes. Cela aussi nécessite des réorganisations,
des investissements parfois lourds de la part des initiateurs sur lesquels
il sera également intéressant que nous puissions échanger.
Voilà, je n'en dis pas plus mais, comme vous pouvez le constater, nous avons du pain sur la planche et sans doute ne pourrons-nous pas éteindre en l'espace d'un jour, les questions avec lesquelles nous sommes venus à cette journée.
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