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A Elisabeth, Loubna, Julie, Melissa, An, Eefje et tous les autres enfants

Avec tendresse et respect

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Pornographie Infantile sur Internet

 

 

 

 

 

 

Ont participé au groupe MAPI :

Jacques Berleur s.j., Cécile Barbeaux, Stéphane Bodart, Danièle Carpet, Claude Cherton, Arnaud Deflorenne, Marie d’Udekem-Gevers, Xavier Gobert, Patrick Heymans, Claire Lobet-Maris, Monique Noirhomme-Fraiture, Michaël Petit, Jean-François Raskin, Manuel Rouard, Béatrice van Bastelaer, Laurence Vandenbrouck, Isabelle Walhin (ECPAT), Denis Zampuniéris

 

Merci à tous ceux qui ont collaboré à notre recherche par des remarques pertinentes et constructives ou par des relectures attentives et à tous ceux qui, de manière générale, ont soutenu notre démarche

 

Merci à ECPAT pour l’amical soutien apporté au groupe MAPI

 

 

 

Introduction

Au début du mois de septembre 1996, suite à l'émotion suscitée par l’actualité belge en matière de pédophilie, plusieurs chercheurs et académiques de l’Institut d’Informatique des Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur (FUNDP) ont décidé de mettre en place le projet MAPI. MAPI, Mouvement Anti-Pédophilie sur Internet, est un groupe d'étude qui réfléchit au problème de la présence sur Internet d'informations incitant à l'exploitation sexuelle des enfants.

Le silence des intellectuels a été maintes fois dénoncé dans cette période lourde de chagrin où tous nous recherchons des voies et solutions afin que plus jamais des enfants et des parents n'aient à connaître l'indicible. A travers MAPI, nous avons voulu apporter une petite pierre à la reconstruction d'un monde que nous voulons meilleur.

MAPI poursuit quatre objectifs précis :

MAPI ne vise pas à une recension systématique de l’information encourageant l'exploitation sexuelle des enfants, mais se place dans l'esprit d'Internet en rappelant à ses utilisateurs leur responsabilité face aux informations circulant sur le réseau.

Nous tenons à souligner qu’en tant qu’utilisateurs d’Internet, nous sommes les premiers à reconnaître ses nombreux avantages, particulièrement dans le domaine qui nous concerne, à savoir l’enseignement et la recherche. C’est d’ailleurs en étant conscients de toutes ses potentialités, que nous avons souhaité nous battre contre une de ses utilisations que nous réprouvons totalement. De même que l’existence de revues pédophiles ne doit pas servir de prétexte à la censure de la presse, nous ne souhaitons nullement faire le procès d’Internet, pas plus que de la grande majorité de ses utilisateurs. Cependant, nous ne pouvons admettre que certains profitent de ce nouveau média pour se livrer à des pratiques qui portent atteinte à la dignité la plus élémentaire des enfants.

Nous sommes par ailleurs bien conscients que toute action à l’encontre de la pornographie infantile sur Internet risque de rendre celle-ci de plus en plus clandestine et difficile à réguler. Cependant, un tel constat ne doit pas nous empêcher d’agir. Une plus grande clandestinité de la pornographie infantile sur Internet n’est pas nécessairement négative. En effet, un accès plus restreint à ce type d’information ne pourra qu’avoir un effet bénéfique pour les utilisateurs du réseau qui, pour la plupart, souhaitent qu’Internet reste le lieu d’une certaine éthique de l’information et de la communication. Par ailleurs, cet accès plus restreint limitera la diffusion des idées et l’expansion du marché de la pornographie infantile. Enfin, agir, ce n’est pas qu’interdire; c’est aussi conscientiser, informer sur des pratiques illégales que certains entendent banaliser.

près le lancement de MAPI, de nombreuses personnes, du chercheur à l'Internaute-type en passant par le père ou la mère de famille, nous ont fait part de leur souhait de contribuer à notre démarche. Certains nous ont renseigné des informations ou associations susceptibles de nous faire progresser. D'autres ont souhaité participer activement à la recherche ou tout simplement nous ont soutenus en arborant notre logo sur leur site Web. Certaines personnes nous ont également envoyé différents types de message, parfois pour dénoncer des sites, des newsgroups ou des messages choquants ou pour nous faire part d’initiatives similaires à la nôtre. Nous avons repris, dans notre rapport, sous la forme de cadres grisés, certains de ces messages en tant qu’illustrations de notre propos ou du soutien que nous ont témoigné plusieurs utilisateurs du réseau.

De nombreux hommes politiques ont également pris contact avec nous. De manière générale, nous avons décidé de nous cantonner à un rôle d'expert, intervenant à la demande sur quelques points précis. Nous avons souhaité rester à l'écart des actions politiques qui nous semblaient souvent trop rapides et peu susceptibles de parvenir à un résultat efficace. Nous pensons en effet qu'une loi seule a peu de chance de modifier la société et qu'une réflexion rigoureuse et en profondeur s'impose en même temps qu’une éventuelle modification des textes juridiques. Notre démarche volontaire n’a donc pas été subsidiée, principalement parce que nous souhaitions conserver une totale liberté de pensée, d’action et de rédaction.

MAPI s’est réuni environ tous les 15 jours pendant six mois. Plusieurs personnes extérieures aux FUNDP ont participé à ces réunions où ont été évoqués les problèmes techniques liés à la diffusion sur Internet d'informations incitant à l'exploitation sexuelle des enfants et les éventuelles solutions techniques existantes pour limiter ou supprimer la diffusion de ce genre d'informations. Nous avons également élaboré un questionnaire à destination des fournisseurs Internet pour connaître leur position en la matière. Nous avons aussi abordé les aspects juridiques de ce problème complexe.

Les différentes parties et sections de ce document ont été écrites par différentes personnes, d’opinions et de formations diverses (informaticien, sociologue, juriste, économiste, ingénieur,...). Ceci se reflète dans des styles différents mais aussi dans la prise en compte d’opinions parfois diverses. Nous avons cependant essayé de faire de ce rapport un document pédagogique, utile, du moins nous l’espérons, soulevant certaines questions importantes relatives à la diffusion sur Internet d’informations incitant à l’exploitation sexuelle des enfants.

Notre souhait le plus cher est que notre travail puisse alimenter la réflexion entamée par le Gouvernement belge en matière de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants.

Dans la suite du texte vous trouverez cinq parties pour vous aider à mieux comprendre et mieux agir contre la diffusion de la pornographie infantile sur Internet. Chacune de ces parties ou des sections qui les composent se termine par une série de recommandations.

Dans la première partie, intitulée "Pour Comprendre", nous posons les pierres d'une meilleure compréhension de ce qu'il faut entendre par pornographie infantile et nous présentons le fonctionnement du réseau Internet. Le texte se veut avant tout pédagogique, loin d'un jargon technique ou juridique, dans la mesure où notre but premier est de construire les bases d'une meilleure compréhension du phénomène. Ces bases devraient vous permettre d'agir.

La deuxième partie, intitulée "Pour Approfondir", nous emmène à la découverte de la pornographie infantile sur Internet. S'agit-il d'une rumeur ou d'un phénomène bien réel sur lequel il y a lieu de se pencher avec urgence et responsabilité ? Les indices apportés par MAPI confirment malheureusement la seconde hypothèse. Face à l'existence de ce type de matériel sur le réseau, comment réagissent les fournisseurs Internet ? Une enquête menée auprès de 35 fournisseurs belges d’accès et de services nous montrera toute l'incertitude de ceux-ci quant aux comportements à adopter en la matière.

La troisième partie, intitulée "Pour Réguler", propose une discussion des différentes solutions existantes ou à construire pour enrayer le phénomène. Trois types de solution sont présentées, à savoir les solutions techniques, juridiques et l'auto-réglementation. A travers leur examen détaillé, le lecteur comprendra qu'une maîtrise réelle de ce phénomène sur Internet ne peut venir que de la conjugaison de ces différentes solutions.

La quatrième partie, intitulée "Pour Réagir", s'adresse aux utilisateurs d'Internet qui veulent devenir acteurs d'une certaine éthique sur le réseau. On y propose différentes pistes d'action qui peuvent être mises en œuvre directement par les utilisateurs d'Internet soucieux d'exercer leurs responsabilités de citoyen sur le réseau.

Enfin, la cinquième partie, "A Méditer", vous invite à prolonger la réflexion en se penchant sur les questions de la responsabilité des citoyens et de leur liberté dans la construction d'une démocratie à la fois plus forte et mieux apte à protéger les plus faibles.

Le rapport s'achève par une bibliographie qui vous permettra d'aller au-delà des quelques éléments de réflexion proposés par MAPI. En effet, notre réflexion ne servira véritablement que si elle se traduit par votre action. C'est du moins l'espoir que formulent les membres de MAPI...

From: VILLANDRE SERGE <m322500@er.uqam.ca>
Subject: recherche
Date: Thu, 31 Oct 1996 13:00:35 -0500 (EST)

En parcourant la revue du Mouvement Le Nid, dont Michel Dorais est collaborateur, nous avons aperçu l'article décrivant brièvement les recherches que vous effectuez sur la pédophilie au sein du réseau Internet. Nous sommes très intéressés par vos travaux puisque nous entamons un projet similaire ici, au Québec, en collaboration avec le service de police (la Sûreté du Québec). Nous sommes aussi en discussion avec une équipe française afin de former une collaboration internationale pour affronter cette problématique. Nous souhaitons vivement obtenir de plus amples renseignements de la part de votre organisme dans le but d'un échange éventuel d'informations, voire d'une collaboration plus soutenue.

Michel Dorais, professeur associé, Université du Québec a Montréal (UQAM), département de sociologie et Serge Villandre, assistant de recherche.

 

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